Afrique: Quand transferer de l’argent coûte aussi… beaucoup d’argent

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Western Union, Money Gram… Vous connaissez sans doute ces entreprises spécialisées dans le transfert d’argent, surtout si, vous aussi, vous faites partie de la diaspora africaine. Mais saviez-vous que ces sociétés abusent de leur position dominante pour taxer de manière disproportionnée les transferts à destination de l’Afrique ? Pour mieux comprendre, « Upsail » a enquêté.

Une manne financière gigantesque

En 2015, les transferts d’argent des migrants originaires d’Afrique subsaharienne vers leur pays d’origine était estimés à 35,2 milliards de dollars (65 milliards si on y ajoute les pays du Maghreb). Montant qui doit être doublé si on prend en compte les transferts dits informels (argent qui circule par l’intermédiaire des parents qui rentrent au pays, ou via des réseaux organisés). Comme tous les pays en développement, les transferts d’argent vers l’Afrique sont en constante progression (3,5% par an).

Selon la chaîne de TV Afrikable, la majeure partie de ces transferts (80 %) servent à la survie des familles. 15% sont dédiés à l’investissement, et seulement 5% à l’éducation.

Lorsque l’on prend ces chiffres en considération, on constate très vite que le transfert d’argent des migrants est de loin la première source de revenus extérieurs de l’Afrique, loin devant le montant accordé à l’aide au développement (56 milliards). Cela fait de la diaspora africaine l’une des principales clé du développement africain.

Des taxes trop élevées

L’Afrique est la région la plus pauvre du monde, mais c’est pourtant celle qui essuie les frais de transfert les plus élevés (coût moyen de 9,5 %). Ainsi, ceux qui envoient de l’argent vers l’Afrique s’exposent à de lourdes commissions. Ces frais amputent des économies durement gagné.

Ce sont essentiellement 2 entreprises qui se partagent le marché. Des économistes et des ONG dénoncent l’abus de position dominante de ces sociétés, notamment en ce qui concerne la facturation des frais d’envois. L’ONG britannique ODI estime à 2 milliards par an le montant prélevé par ces entreprises. Elle estime que ces taxes constituent véritablement une entrave au développement. En effet, une baisse des commissions permettrait de redonner du pouvoir d’achat aux populations locales.

De nouvelles opportunités

 Afin de pallier ces problèmes, des start-up proposent des services alternatifs. Leur objectif est clair : révolutionner le marché. En rivalisant d’ingéniosité, ils arrivent à bousculer les codes.

  • Afrimarket : Elle propose aux créditeurs d’attribuer une somme dédiée à un usage particulier (frais scolaires, pharmacie) avec la garantie que la somme sera utilisée exclusivement à cet usage.
  • Moods : Premier service de transfert d’argent sans commission. Le principe est simple : les migrants d’Europe peuvent envoyer de l’argent sous forme de bons d’achat valables chez les commerçants africains partenaires. Soutenu par de nombreux artistes, ce service est opérationnel depuis le début du mois d’avril. Pour l’instant, le service n’est valable que pour le Sénégal, mais il devrait s’élargir d’ici peu au reste de l’Afrique.

Notons que la plupart de ces nouveaux entrepreneurs sont des jeunes eux-mêmes issus de l’immigration africaine, et donc déjà sensibilisés au sujet. Connaissant les problèmes qui peuvent se poser, ils rivalisent d’intelligence pour offrir des solutions. En clair, voilà des entreprises de la diaspora, faites par la diaspora, pour la diaspora.

Des transferts de plus en plus connectés

Wallet shaped smartphone with 100 dollar bills. Mobile payment concept, clipping path included. (Please note that clipping path will be available in the largest file size purchase.) The interface and all images used are my own designs.

L’innovation digitale permet aussi de nouvelles avancées. En Afrique subsaharienne, les opportunités sont énormes. Selon la Banque Mondiale, l’Afrique compte 650 millions d’utilisateurs de mobiles (plus qu’aux USA et qu’en Europe). Si seul moins d’un quart de la population a accès à des services bancaires, nombreux sont les africains à posséder un téléphone (voire même deux). Une opportunité que ne pouvaient pas laisser passer les opérateurs téléphoniques. En 2014, 135 services de monnaie sur mobiles ont vu le jour.

C.M.

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9 thoughts on “Afrique: Quand transferer de l’argent coûte aussi… beaucoup d’argent

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