Vers une mutation du métier de journaliste ?

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Si la presse a longtemps été qualifiée de « 4ème pouvoir », le journalisme en ligne est certainement en passe de le dépasser. En effet, avec ce nouveau médium, le citoyen ne se contente plus seulement de recevoir l’information ; il peut désormais la créer, et devient donc aussi « journaliste ». Power to the people ?

Si le journalisme est né en tant qu’industrie (le mot « presse » vient de la machine avec laquelle on imprime les journaux), il s’est rapidement mué en profession ; ce qui implique un certain professionnalisme. En effet, il faut être capable : d’analyser l’information, la recouper, trouver des témoins, garder une neutralité et un esprit critique, respecter une certaine déontologie, et être en mesure d’effectuer un travail de synthèse. En clair: tout un métier.

Mais cette expertise a un prix que le public est de moins en moins enclin à payer. Cela fait des années que la presse est en crise. Les journalistes doivent faire face à un certain nombre de contraintes : limites géographiques, restrictions budgétaires, arrivée des médias alternatifs etc. Sans oublier la hausse du prix du papier qui induit une hausse du prix des publications. 60% de la population ne s’informerait dès lors plus que via la tv, internet; et les journaux les plus lus demeurent les gratuits. Mais les nouveaux médias ne s’embarrassent pas de telles contraintes et offrent plus possibilités…

Journalisme 2.0, une (r)évolution constante

Le journalisme en ligne est né de la révolution numérique. Et les caractéristiques de cette technologie est qu’elle permet une utilisation multimédia et une introduction de liens hypertexte, qui ont permis une avancée considérable. Plus besoin de rédiger des biographies, un simple clic suffit.

L’autre caractéristique est l’interactivité : les gens peuvent facilement réagir à un article ou à un reportage et laisser des commentaires. Il est désormais possible de mesurer l’impact de tel ou tel article de manière beaucoup plus précise. Mais surtout, l’information n’est plus diffusée par les agences mais par des réseaux d individus. Des sites de « parole citoyenne » ont même vu le jour, tels que celui d’AgoraVox.

Aujourd’hui, internet est devenu la principale source d’information, devant la télé et la radio. Les nouveaux médias, de par leur rapidité et leur gratuité, sont vus comme des concurrents. Ils touchent un public plus large et plus jeune.

Et lAfrique dans tout ça ?

L’Afrique connait un bouillonnement en matière d’innovation technologique. Jeux vidéo, tablettes éducatives, applications en E-santé. Le continent est tourné vers l’avenir.

Malheureusement, le contexte socio-économique ne permet pas l’émergence de grands médias. Avec son faible pouvoir d’achat, la population n’est pas en mesure de payer les journaux, l’audience est donc réduite. Par exemple, à Kinshasa, le tirage maximum est de 1.500 exemplaires seulement, contre 420.000 journaux vendus chaque jour en Belgique.

Cela a bien sûr une influence sur l’indépendance des journalistes. « Vous ne pouvez pas être indépendant si vous avez faim », a dit Amadou Mahtar Ba », personnalité éminente du continent africain. Les journalistes n’ont d’autres choix que d’accepter les enveloppes qu’on leur tend. Et comme disait Napoléon : « La main qui donne est toujours au-dessus de la main qui reçoit ». Sans oublier que la liberté de la presse est encore un problème puisque les journalistes subissent toujours la répression des pouvoirs en place.

Cependant, internet a permis à une nouvelle génération d'émerger : les journalistes citoyens.

Ils étaient d’ailleurs à l’honneur du colloque « Highway Africa » (le plus grand colloque annuel consacré aux journalistes et aux médias en Afrique, co-organisé depuis une vingtaine d années par l’université de Grahamstown et la South African Broadcasting Corporation) en 2008.

Grâce à la révolution numérique, une blogosphère africaine a pu voir le jour, loin des canaux traditionnels et des communiqués de presse officiels. Ces médias participatifs donnent la parole aux citoyens et leur permettent surtout d’interagir entre eux et de constituer des réseaux.

Cependant, cette situation n’est valable que pour les pays qui connaissent un développement. Pour la plupart des autres pays, le média de masse par excellence reste la radio.

Quel journalisme pour demain ?

Il faudra évoluer avec son temps. Il n’est déjà plus possible de revenir en arrière. 50% des titres que proposent les médias sont désormais en ligne, et cette croissance ne s’arrêtera pas.

Le grand défi reste cependant la qualité de l’information. La toile fournit une masse de données incalculable, mais relaye parfois de fausses rumeurs. Il faut savoir trier le bon grain de l’ivraie.

Mais certaines choses ne changeront jamais, et nous aurons toujours besoin du journalisme traditionnel pour effectuer le travail concret sur le terrain (enquêtes, entretiens, témoignages, confrontations des témoins). Il est nécessaire de développer une culture de complémentarité à l’image de ces « blogs » introduits au sein des sites de médias dominants, qui permettent une information « participative », ex : Le plus de l’Obs, Rue89, etc.

Une dernière question reste en suspens, qui concerne aussi bien nouveaux médias que médias traditionnels et qui les occupera dans les années à venir : comment vivre du journalisme ?

C.M.

5 thoughts on “Vers une mutation du métier de journaliste ?

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